A la demande des Monuments Historiques des Pays de la Loire et de la Mairie d’Angers, une étude de bâti de la maison canoniale Sainte-Croix, 7 rue Saint-Aignan à Angers, a été réalisée. Cette maison, la plus ancienne de la Cité, va bénéficier d’une réfection des façades. L'étude du bâti a été mené au préalable sur les parements affectés par les travaux. Elle s’est limitée aux façades sur rue et sur cour. Le bâtiment présente un plan en L comportant un corps principal d’une longueur de 15,50 m et 6,80 m de large et une aile droite en retour d’une largeur de 6,25 m sur une longueur de 9,00 m. Trois phases principales de construction ont été identifiées.
Le bâtiment présente dès l’origine un plan en L. Il comporte un rez-de-chaussée d’une hauteur restituée sous plafond de 4,00 m, un étage d’une hauteur de 4,40 m correspondant sûrement à l’étage noble et un étage de comble d’une hauteur de 3,10 m. Sur la façade, côté rue, une porte et une fenêtre construites en pierre de taille de tuffeau avec un décor à ruban plissé sont aménagées au rez-de-chaussée, au premier étage, deux grandes fenêtres, comportant également un décor à ruban plissé, et à l’étage de comble, une petite fenêtre à colonnettes. On observe de chaque côté de la façade, deux chaînes d’angle à colonne. Sur la façade, côté cour, seules quelques pierres de taille d’une fenêtre au premier étage et une chaîne d’angle à colonne à l’est sont encore en place. On remarque que la partie ouest a été totalement détruite. De nombreux exemples de bâtiments de même type se trouve à Angers et ses alentours : le palais épiscopal (v. 1150), la tour Saint-Aubin (v.1150), le portail de la salle comtale (v. 1160), le grenier de l’hôpital Saint-Jean (après 1188), le manoir du Val à Mouliherne, le logis seigneurial de Briollay… On peut donc affirmer par comparaison que la première phase de construction du bâtiment a été réalisée dans la seconde moitié du XIIe siècle.
Phase 2 : On est en présence d’un fort remaniement du bâtiment qui néanmoins respecte le plan en L de la première phase de construction. Les baies du XIIe siècle ont été bouchées pour laisser place à de nouvelles ouvertures dont le décor et le type de construction indiquent un remaniement réalisé vers le XVe-XVIe siècles. Les niveaux intérieurs ont légèrement été modifiés, on est en présence d’un rez-de-chaussée d’une hauteur restituée sous plafond de 3,50 m, un premier étage d’une hauteur de 4,80 m et un étage de comble d’une hauteur de 2,85 m. Sur la façade, côté rue, après l’obturation des baies d’origine du rez-de-chaussée, on aménage quatre petites ouvertures ainsi qu’une fenêtre centrale, dont seule la plate-bande est conservée. Au premier étage, une grande fenêtre dont seule la plate-bande avec un décor en accolade et quelques pierres de taille de tuffeau des piédroits sont encore en place, est aménagée en sous-œuvre dans les deux fenêtres d’origine. La petite fenêtre haute à l’aplomb du mur pignon est toujours en fonction. Toutefois, l’éventuel arc en plein-cintre a été remplacé par une plate-bande. Sur la façade, côté cour, la partie ouest du mur a été reconstruite comportant une nouvelle chaîne d’angle en pierre de taille de tuffeau. Au premier étage, vers l’est, une plate-bande à lit brisé est visible et un peu plus à l’ouest, quelques pierres de taille de tuffeau appartenant vraisemblablement aux piédroits d’une autre grande fenêtre.
La dernière phase correspond à plusieurs étapes de construction : le XVIIIe, le XIXe et le XXe siècles. Sur la façade, côté rue, les quatre petites ouvertures au rez-de-chaussée sont obturées et une fenêtre au linteau et piédroits en bois remplace la croisée centrale précédente. Au premier étage, la grande fenêtre subit simplement une restauration, plus précisément les piédroits sans préserver le meneau et les croisillons d’origine. A l’étage de comble, la petite fenêtre à l’aplomb du pignon est rebouchée. Sur la façade, côté cour, on observe un agrandissement du bâtiment vers l’ouest construit entièrement en pierre de taille de tuffeau. Au rez-de-chaussée, deux grandes ouvertures sont pratiquées dans la partie ouest ainsi que deux accès dans la partie est. Au premier étage, trois fenêtres à baies géminées construites en pierre de taille de tuffeau, sont aménagées dont deux se situent à l’emplacement des fenêtres du XIIe et XVIe siècles.
Mastrolorenzo 2002 : MASTROLORENZO (J). – Angers (49), La maison Sainte-Croix, février 2002, rapport d’étude de bâti, archives SRA et MH, Pays de la Loire, Nantes, 15 p., 8 figures, 20 clichés, photographies redressées à l’échelle des parements au 100 e avec une résolution à 250 pixels/cm.
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JOSEPH MASTROLORENZO - Archéologue en architecture -
17 La Reuille
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