A la demande du Service Régional de l’Archéologie, une étude du bâti a été réalisée sur les vestiges
C’est par un pur hasard qu’en 1966, la municipalité de Doué, ayant l’intention de construire un atelier à l’emplacement de l’ancienne motte castrale, découvre, dés le commencement des travaux, les murs d’un bâtiment enfoui. Par la suite, une fouille archéologique a été effectuée par M. de Boüard (archéologue)
Le contexte historique indique d’importantes transformations architecturales.
L’étude du bâti a permis de mieux connaître l’évolution architecturale de ce bâtiment
qui a connu
quatre grandes phases de construction, plus une cinquième correspondantàla mise en protection
des vestiges
Phase 1 : cliquez ici pour voir l'axonométrie phase 1 A l’origine (vers le dernier quart du IX e s.), le bâtiment d’une longueur de 23,80 m et d’une largeur de
Une porte est aménagée dans le mur ouest.
Une autre porte, plus petite, est installée dans le mur sud. Un puits circulaire est construit à l’angle sud-ouest à environ 5,00 m du mur ouest. Le mur circulaire d’une épaisseur de 0,80 m laisse apparaître une ouverture de 1,00 m de diamètre.
Phase 2 : cliquez ici pour voir l'axonométrie phase 2 Vers le milieu du X e s., un mur de refend est aménagé sur toute la largeur du bâtiment. Il est conservé sur une hauteur qui varie entre 1,10 m et 2,04 m (fig. 8). D’une épaisseur de 1,15 m, il est construit en appareil de calcaire coquillier (falun miocène) posé par endroit en arête de poisson. Il sépare le bâtiment en deux volumes inégaux : au nord du mur de refend, une pièce d’une surface d’environ 180 m 2 ( 13,65 m x 13,15 m) et au sud, une pièce plus petite d’environ 69 m 2 ( 13,06 m x 5,30 m). Ce mur n’est pas chaîné avec les murs est et ouest, il est simplement plaqué contre eux. Il est donc venu postérieurement à la construction primitive. Une porte y est ménagée pour accéder à la petite pièce sud. Dans cette petite salle, une cheminée est incorporée dans le mur de refend. Les piédroits sont construits en pierres de taille recouverts d’un enduit. Ceux-ci sont fortement rubéfiés. L’âtre s’enfonce jusqu’à 0,34 m dans l’épaisseur du mur. D’une largeur de 1,92 m, le contre-cœur dessine au sol une légère courbe. Il est construit de la base jusqu’à une hauteur de 0,72 m en briques d’une longueur de 0,18 m à 0,26 m sur une épaisseur de 0,06 m posées à plat et séparées par des joints d’une épaisseur d’environ 0,02 m à 0,04 m; de 0,73 m à 1,35 m, il est formé de tuiles disposées en arête de poisson, d’une longueur d’environ 0,18 m et d’une épaisseur d’environ 0,04 m. Il est probable que certaines de ces tuiles sont en remploi. En effet, elles comportent pour certaines encore un rebord ; de 1,35 m à 1,85 m, le contre-cœur est fait de petites pierres rectangulaires ( 0,12 m x 0,10 m) soigneusement équarries. A partir d’environ 1,35 m au-dessus de sa base, le contre-cœur amorce une courbe qui le ramène vers le sud. Cela implique sûrement que le conduit de fumée ne se développait pas verticalement dans l’épaisseur du mur de refend mais par un conduit extérieur en bois. On distingue, sur le parement extérieur du mur sud du bâtiment, deux bandes verticales qui commencent à environ 0,70 m du sol actuel pour atteindre presque l’arasement actuel. Ces bandes présentent en parement une construction utilisant de petites pierres rectangulaires ( 0,14 m x 0,10 m) régulièrement équarries, différentes de celles utilisées dans la construction primitive. On est probablement en présence d’un « reparement » après la destruction du petit bâtiment rectangulaire ancrés dans le mur sud. La trace du mur est de cette annexe montre que celui-ci venait s’appuyer contre le piédroit de la porte sud, cela indique que cette extension fut construite postérieurement à la construction primitive. L’absence de fouilles et la disparition totale des maçonneries ne nous permettent pas ici d’affirmer une fonction précise de cet agrandissement qui devait être soit un cellier, soit une cuisine. Le ravitaillement en eau se faisait toujours à l’aide du puits construit lors de la première phase. Vers la 2 ème moitié du X e s., le bâtiment est sinistré par un fort incendie. On peut en effet remarquer que le mortier des murs est fortement rubéfié sur environ 3 à 5 cm d’épaisseur. Rappelons que M. de Boüard indique que « le professeur Thellier au Laboratoire du Géomagnétisme ne laisse subsister aucun doute à cet égard ».
Phase 3 : cliquez ici pour voir l'axonométrie phase 3 Vers le milieu du X e s., on surélève le bâtiment et on y pratique , à environ 5,00 m au dessus du sol actuel, trois portes hautes respectivement dans les murs sud, ouest et est. La porte haute ouest, large de 1,80 m, devait être l’accès principal (les deux autres sont plus étroites: 0,90 m). Les accès transférés à un niveau supérieur indiquent que cette maison devient forteresse. Dés ces remaniements, l’annexe est détruite. En effet, La construction des bandes verticales est liée avec celle de la porte haute du mur sud. Les portes basses primitives ont été retrouvées obturées lors de la fouille de M. de Boüard. Leur condamnation a du être réalisée lors de cette phase de construction. Le plancher du niveau supérieur était soutenu par des poteaux. Des trous de poteaux avaient déjà été découverts, dans la grande pièce au nord du mur de refend. Aucun poteau porteur n’a été trouvé dans la pièce au sud. Toutefois, on observe dans le parement intérieur du mur sud, des ancrages de poutre supportant certainement le plancher. Les parements intérieurs de la petite pièce sud du rez-de-chaussée étaient recouverts d’un enduit badigeonné (d’un badigeon ?) de couleur blanche. Cet enduit n’a subi aucune rubéfaction,
indiquant qu’il est postérieur à l’incendie. L ’enduit du parement sud du mur de refend,
montrait, selon
M. de Boüard de nombreux graffiti déposés après étude.
D’autres sont encore en place, sur la face interne du mur sud.
Lors de cette phase, on avait donc un bâtiment comportant un rez-de-chaussée aveugle d’une hauteur sous plafond d’environ 5,00 m, surmonté d’un étage noble couvrant toute la surface du bâtiment, accessible par trois portes hautes. Le rez-de-chaussée devait servir de cellier. Le ravitaillement en eau se faisait probablement toujours par le puits construit lors de la première phase.
Phase 4 : Cette phase est matérialisée par l’obturation des portes hautes. Elles sont bouchées avec des moellons, régulièrement équarris. Vers le début du XI e s., après l’obturation des portes hautes, on emmotta le bâtiment. M. de Boüard rapporte que « son sommet se trouvait à 11,00 m ou 12,00 m au-dessus du sol d’alentour ». L’étage inférieur est comblé par un remblai constitué par les mêmes matériaux que ceux de la motte. Quant à l’étage supérieur, devenu aveugle, il fut
probablement
converti en magasin (cellier). Le ravitaillement en eau fut encore assuré par le puits
probablement surélevé. Il suffisait simplement de prolonger
sa cheminée Enfin, vers le milieu du XI e s., Foulque Nerra reprit le donjon de Doué. Dans la 2 ème moitié du XI e s., un arasement partiel de cette tour et un comblement de sa souche, enfouie dans la motte, furent effectués.
Phase 5 (pour conclure) : Vers la fin des années 60, un
« désemmottement
» du bâtiment et la fouille de M. de Boüard
ont précédés
Résumé chronologique :
REFERENCES : Mastrolorenzo 2002 : MASTROLORENZO (J). - L’aula de Doué-la-Fontaine (49), rapport d’étude de bâti, archives SRA et MH, Pays de la Loire, Nantes, 2002, 29 p., 20 pl., 28 clichés, photographies redressées à l’échelle des parements au 100 e avec une résolution à 250 pixels/cm.
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JOSEPH MASTROLORENZO - Archéologue en architecture -
17 La Reuille
33710 Bayon sur Gironde
Email : mastrolorenzo@wanadoo.frTél. : 06 81 63 61 13 Agrément en qualité d'opérateur d'archéologie préventive © Mastrolorenzo 2005 - 2010 Réalisation: web-ouest.com |
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